Il est possible de développer de nouvelles générosités.

La quatrième Journée nationale d'information sur les générosités a réuni jeudi 230 participants (associations, fondations, universitaires et pouvoirs publics), à l'initiative de "France générosités" autour de la question : "comment accroître les ressources financières privée des associations et fondations en ces temps de crise pour qu'elles puissent assurer leurs missions d'intérêt général?"

Les débats ont montré qu'il est possible de développer de nouvelles générosités,  notamment auprès des non-donateurs, des jeunes et des " nouveaux philanthropes ".
 
En effet, en cette période de crise, les ressources financières des associations et fondations sont mises à mal par un accroissement de leurs besoins aggravé par
- une baisse de 9% en trois ans du don moyen des particuliers,
- une perte de la valeur des legs (valeurs immobilières et mobilières) de 16% en 2008,
- des dons financiers des entreprises en recul
- et surtout par l'amorce d'une baisse des subventions publiques de la part des collectivités territoriales, réticentes  à s'engager sur des programmes pluriannuels, notamment suite à la suppression annoncée de la taxe professionnelle.
 
Certes, les développements des ressources financières privées ne parviendront pas à combler la baisse des subventions publiques, autrement plus importantes, mais ils peuvent y contribuer.
 
Les non donateurs ont été étudiés pour la première fois : ils représentent près de 30% de la population française.
Si l'on exclut les foyers à faibles revenus et les irréductibles qui ne donneront jamais, il reste une part significative de la population, 12%,  qui pourrait donner et qui se sent culpabilisée de ne pas le faire ;  elle  est freinée par le fossé existant entre son idéal, totalement généreux et  gratuit,  et par la réalité du fonctionnement des associations et fondations qui sont dans l'obligation de se  professionnaliser chaque jour d'avantage.
 
Il faut inventer de nouvelles approches pour les convaincre de donner.
 
Les jeunes constituent une population plus ouverte et plus réaliste mais pour eux la solidarité s'exprime par des réseaux de proximité. Compte tenu de leurs modes de vie très différents de ceux de leurs parents, il faut approcher les jeunes par leurs réseaux soit par contact direct (par exemple dans la rue) soit par Internet, leur média de prédilection qui permet une relation très personnalisée.
 
Les nouveaux philanthropes
représentent   une « cible prioritaire ». En effet, la crise ne les affecte que superficiellement;  ils sont déjà donateurs et  ils ont les moyens de donner beaucoup plus. Pour les y encourager, de nombreux  dispositifs fiscaux très incitatifs existent, du mécénat d'entreprise au fonds de dotation en passant par l'ISF, encore faut-il les faire connaître et bien les utiliser. Les nouveaux philanthropes sont certes généreux mais aussi très exigeants sur la bonne utilisation de leurs dons ; Ils sont souvent prêts à s'investir personnellement dans les actions de solidarité qu'ils financent ; ils attendent de l'efficacité,  des résultats et de la transparence.
 
Les associations et les fondations sont amenées à prendre une part cruciale dans l'intérêt général.
Cette quatrième Journée nationale d'information sur les générosités a permis d'ouvrir des pistes de réflexion d'actions concrètes au moment où celles-ci peinent à équilibrer leurs budgets et à préserver l'emploi de leurs salariés.
 


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